LES CRITIQUES DU ROCK – BUDDERSIDE

ZERADIO vous propose, parallèlement aux « Live Reports », des critiques d’albums de groupes pas forcément nouveaux ou connus, mais qui méritent largement une place de qualité dans le monde du rock (et pas au Panthéon du rock comme on l’entend souvent : le rock n’est pas à sa place là-bas !).

Aujourd’hui, l’épisode 5 avec l’album «Budderside » de BUDDERSIDE !

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_artistheader_buddersideZERADIO vous propose, parallèlement aux « Live Reports », des critiques d’albums de groupes pas forcément nouveaux ou connus, mais qui méritent largement une place de qualité dans le monde du rock (et pas au Panthéon du rock comme on l’entend souvent : le rock n’est pas à sa place là-bas !).

Aujourd’hui, l’épisode 5 avec l’album «Budderside » de BUDDERSIDE !

 Préambule : 5ème chronique de ma « fabulous life » à Zeradio

Thierry et moi avions terminé ce soir-là l’EXCELLENTE émission « ROCKPLUS » (à écouter sur ZERADIO bien sur), vidés, sonnés, transpirant abondamment après vous avoir tout donné…

Nous traînant lamentablement hors du studio afin de boire un coup respirer un peu d’air frais avant de reprendre la route à bord de nos voitures pourries Harley, une deuxième épreuve nous attendait : encore du taf.

Le patron était là, souriant, de bonne humeur malgré la demie heure quotidienne de retard de son train provenant de Paris. Il me tendit une clé Usb en disant : « tiens Jean-Christophe, j’ai un album a priori intéressant, ça serait bien que tu l’écoutes ». Flatté qu’il ait pensé à moi, je le remerciais et lui répondis « c’est sympa ça David… Dis-moi, c’est quel style ? ».

« Sais pas JC, c’est à toi de nous dire ça dans une « Critique du Rock » dont, sauf erreur, tu es ENCORE en charge ».

Coincé. Encore une fois j’étais coincé : cela signifiait qu’il me faudrait faire vite. Malgré ce que vous pensez, une critique n’est pas bouclée en un quart d’heure, surtout si, comme moi, vous refusez un copié / collé depuis des articles sur le Web. Ouais, même si nous n’avons plus d’orgueil après avoir courbé la tête devant les puissants de ce monde (comme tout le monde l’adolescence passée), il nous reste une certaine fierté non ? Et puis, on est rocker ou pas…

Après chargement du fichier sur mon ordi presque neuf (un Mac de 2003, les plus de 60 ans doivent connaître), j’écoutais « Budderside ». Vraiment bien à la première écoute. Mais c’est qui BUDDERSIDE ? Honteux de mon ignorance crasse, je décidais de réaliser un sondage scientifique sur un échantillon représentatif de passionnés du rock pris au hasard à ZERADIO, dont les noms de famille, par confidentialité, n’apparaissent évidemment pas :

  • David : « et bien, j’attends d’écouter, leur rock est peut-être un peu trop « actuel » à mon goût »
  • Karine: « avec un nom comme ça, c’est peut-être un collectif de chefs étoilés anglais, il y en a maintenant… »
  • Pierre : « je ne connais pas ; j’ai le droit de téléphoner à un ami, Thierry ? il connaît tout »
  • Manuel : « je ne sais pas…mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas un vieux band de blues… Heureusement que nous sommes là pour continuer à faire vivre cette musique »
  • Sergueï : «je connais pas, Krystov »
  • Thierry : «je crois qu’il s’agit d’un rock band issu du split d’un groupe de Goderville-en-Caux « The green Schtroumpfs » actifs de 1999 à 2010 et plutôt orientés dark baloche / cold wave normande / électrodance planante / progressive music ma non troppo ; si je me souviens bien le leader anglais des « Schtroumpfs verts » a ensuite rejoint « Astérisque v/s Obélisque » en 2011 il me semble en tant que guitariste c’est d’ailleurs dans cette formation qu’il a joué avec John Lennon, Jim Morrison et Michel Michu, ce dernier comme vous le savez ayant ensuite rejoint l’excellent Marc Dugland du groupe « Lucky Jolly Jumper » de Fauville-en-Caux qui a sorti un album au titre éponyme comportant huit titres absolument fabuleux qu’il faut vous proc… »
  • Sir Le Nostre : « merci Thierry pour cette réponse euh…très documentée, mais non »
  • « Vous avez tout faux, bande de nazes…mais qui est-ce qui m’a foutu une équipe d’amateurs pareille ! Alors, si je comprends bien, il n’y a que moi qui connaissais ce groupe… ».

C’était faux bien sûr, mais ça m’a fait tellement de bien à ce moment…

 

BUDDERSIDE – « Budderside »

budderside_cover

Qui c’est, c’est quoi ?

BUDDERSIDE est une nouvelle formation originaire de Los Angeles, emmenée par son chanteur / guitariste Patrick STONE qui n’est pas un inconnu, ayant joué dans des formations telles que QUIET RIOT ou VELVET REVOLVER. Y’a pire…

Il est (bien) accompagné par Johnny SANTORO à la guitare, Michael STONE à la basse – oui, un autre STONE qui a du bénéficié d’un coup de piston à mon avis – et Rick SACCO à la batterie. Pour info, Phil CAMPBELL a été invité sur un titre de l’album, « Ska Bra ».

 

Et leur musique ? 10 compos sur l’album plutôt hard rock mélodique au tempo d’enfer, mais incorporant bien d’autres styles musicaux selon les titres ; punk, ska, rap, électro, bluesy, grunge, touches de grat acoustique, piano, violons… La promotion et la distribution ont été assurées par le label allemand UDR / MOTÖRHEAD Music, et ce n’est pas un hasard…Vous voyez, quoi… Le tout est (très) inventif, bien loin du hard rock traditionnel, je dirai « actuel » et inspiré. Une vraie réussite.

 

Quant au chant de Patrick STONE, parlons-en : la voix est puissante, à l’aise dans les mélodies, et toujours très juste : classique dans les aigües – indispensable pour se démarquer du gros son – sa voix est suffisamment souple pour changer de ton et de registre avec une facilité étonnante. Vraiment un très très bon chanteur à découvrir ! La cerise ? Les chœurs sur l’album sont travaillés, superbes, souvent aériens / mélodiques.

 

Les instrumentistes ne sont en reste : énergie, maîtrise, changements de tempo soudains, percutants. De grands pros. Mention spéciale pour le bassiste, et le batteur devant perdre 35 kg à chaque concert.

Bref, tout est dit. On écoute (hélas par des mot) maintenant.

 

 

Les titres :

 

1 – Génocide

La batterie et le chant démarrent très très vite, faisant passer le TGV pour une voiture à cheval et, justement, le reste de la cavalerie (rapide celle-là) arrive : grosse basse, guitares hyper rapides, la voix au débit rap dopé. Du rock urgent, punk / hard rock entrecoupé de (courtes) plages plus lentes, très mélodiques et inspirées. Des touches d’électro, très discrètes, s’intégrent parfaitement au son général. Bref, je kiffe…

 

2 – Ska Bra

Une batterie toujours en avant, tempo très marqué et rythmé façon un peu ska, donc avec un « son cuivré », un vrai solo de guitare « comme avant », des mélodies imparables chantées par Patrick STONE bien sûr, mais aussi par des chœurs discrets (ou synthé ?) mais présents. Un final classique, une note de guitare qui dure, bien métallique comme on les aime… Sympa, mais pour moi (c’est à-dire subjectif), pas le meilleur titre.

 

3 – Pain

Un démarrage en trombe, une basse et guitares au rythme complètement dingue, du (vrai) punk rock ; un refrain à la mélodie simple mais urgente, une batterie au rythme à peine humain (le batteur doit recevoir de l’oxygène !), et un piano rock’n roll qui apporte beaucoup. Inventif. Pour ceux qui aiment l’énergie du punk mais travaillé (j’en fais partie), c’est un titre in-con-tour nable.

 

4 – X-Girlfriend

Tempo lourd à la voix puissante avec de nombreuses ruptures à la guitare acoustique et à la voix très mélodique, des pointes bluesy et grunge comme inspiration sans doute ; au final un titre en dessous de l’excellence de l’album, pour moi.

 

5 – Clear Blue Sky

Piano, grat acoustique, voix aérienne mélodique rejoint par des chœurs sympas, mais oui, c’est une ballade ! Attention, avec des montées qui montrent que la puissance n’est pas loin, sous-jacente… Du violon un peu tzigane, un peu romantique (j’ai lu « celtique » quelque part, je cherche encore…) en fin de morceau… BUDDERSIDE, malgré son sens mélodique hors pair, n’excelle pas dans cette ballade, trop « sirupeuse » et classique je pense.

 

6 – Open Relationship

Son métallique « mur du son » rapide et jouissif (mais moins que les titres « néo-Punk »), une basse tendue, la voix passant sans transition de l’hardcore au mélodique pour le refrain (cette prouesse de chant est une force de Patrick STONE), des pointes d’électro. Un bon titre.

 

7 – My Religion

Intro grat acoustique, basse et rythme un peu répétitifs , mais dans le bon sens, groovy quoi, avec encore des ruptures parfaitement maîtrisées et des refrains imparables, une grosse basse, des guitares en fond. Du BUDDERSIDE quoi (c’est-à-dire du bon).

 

8 – The Enveloppe

Un mur du son batterie / basse / guitares qui monte, qui monte, une guitare au riff imparable hard rock, une voix avec toujours des ruptures… Un titre plus classique, mais qui fait quand même du bien.

 

 

 

9 – Let this one on breathe

Une guitare acoustique vite rejointe par la basse et les guitares puissantes, puis le chant speedé de Patrick. Toujours les ruptures rapides de rythme et de chant, avec quelque chose comme une mantra à plusieurs reprises (? Curieux), voix hardcore, allant du grave à l’aigu en 2 secondes. Morceau déroutant par ses changements fréquents de rythmes et timbres de voix, mais plutôt bon.

 

10 – Can’t wrap My Head Around You

Démarre par un violon et une guitare acoustique, avant le chant de Patrick STONE, plutôt doux. La seconde ballade, oui, mais d’une autre qualité que « Clear Blue Sky », l’autre ballade du Lp. Meilleure compo, de la sensibilité, des arrangements pop plus travaillés, des envolées de violons et un final paroxysmique qui mérite d’être la conclusion de l’album !

 

Alors ?

 

Au risque de me répéter à chaque chronique, cet album est magistral. BUDDERSIDE, nouvelle formation pourtant, a réussi pour son 1er Lp un coup de maître. Tout est parfaitement en place, carré, des compositions inspirées (les mélodies, les ruptures, les arrangements, l’apport de multiples autres instruments, intégration d’électro). Les musiciens sont très bons, « frais » par leur énergie et leur son percutant, « hyper pros » par la maîtrise de leurs instruments et des titres, pas évidents pourtant par les nombreuses ruptures de rythme à une vitesse …infernale ! Du hard rock ? Oui, mais vraiment nouveau ! Et, à l’écoute de cet album, on ne regrette vraiment pas l’ancien… Comme d’habitude, à se procurer par « tout moyen à votre convenance ».

 

Jean-Christophe, le 9/06/2017

Auteur : David ZeRadio

http://www.seine-eure.zeradio.net

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