ZERADIO : « LES CRITIQUES DU ROCK » n°2

Aujourd’hui, l’épisode 2 avec l’album «What’s Flowin’in my Veins» de DIRTY DEEP !
Du blues dopé à la vitamine C, du rock-blues plutôt. Ouais, rock, mais plutôt grungy, presque garage si vous voulez. Mais quand même assez blues sur le fond…

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ZERADIO vous propose, parallèlement aux « Live Reports », des critiques d’albums de groupes pas forcément nouveaux ou connus, mais qui méritent largement une place de qualité dans le monde du rock (et pas au Panthéon du rock comme on l’entend souvent : le rock n’est pas à sa place là-bas !).

Aujourd’hui, l’épisode 2 avec l’album «What’s Flowin’in my Veins» de DIRTY DEEP

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!Préambule : 2ème chronique (imaginaire) de ma « fabulous life » à Zeradio

Mes santiags résonnaient dans l’allée entourée d’immeubles de ce quartier de Val-de-Reuil. Prenant mon air méchant, trois bourgeois s’écartèrent. J’ouvris la porte de Zeradio – ma maison – pour tomber nez à nez avec le patron. La journée commençait mal.

« Bonjour patron » dis-je d’une voix mal assurée.

« Bonjour Jean-Christophe, comment vas-tu ? » répondit-il d’une voix sucrée…

A ce moment précis, je pris peur. Revenait-il d’une formation « Management » ? Non, il en était à sa quinzième, sans aucun résultat. Voulait-il encore me demander de me rendre à Vladivostok pour la neuvième tournée d’adieu de Boney M ? Non, l’autorail russe 4ème classe (la soute à bagages) était trop coûteux. Allais-je me prendre une nouvelle soufflée ? Cette dernière hypothèse était la seule dont j’étais sûr…

« Dis-donc Jean-Christophe, malgré tous tes défauts, j’ai encore eu la faiblesse d’écouter l’émission Rock Plus, que tu co-animes avec Thierry… » continua-il sur le même ton mielleux.

« Euh, et vous avez aimé patron ? »

« Oui, Thierry est très bon… ».

« Euh…et…et moi ? »

C’est alors qu’il éclata, son visage n’ayant à ce moment plus rien d’humain.

« Toi ? Tu es nul tu m’entends, tu parles trop, tu n’arrêtes pas avec tes « Euh », et tu te fais porter pâle une émission sur deux ! Continue comme ça, et j’te vire ! ».

Ces paroles bourrées d’affection me touchèrent immédiatement.

« Pa…Patron, je vais essayer de m’améliorer ».

« Non, tu n’essaies pas, tu t’améliores, et vite. Et je considère cette conversation encore amicale terminée ! ».

L’écoute de DIRTY DEEP me sauva du suicide.

 

 

DIRTY DEEP – What’s Flowin’ in my Veins

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  • Voyons, comment qualifiez-vous la musique de DIRTY DEEP ?
  • Facile, du blues dopé à la vitamine C, du rock-blues plutôt. Ouais, rock, mais plutôt grungy, presque garage si vous voulez. Mais quand même assez blues sur le fond…
  • Mouais, facile mais pas très clair tout ça…Et quels sont les musiciens du groupe ? Ils sont connus ?
  • DIRTY DEEP n’est pas un groupe, mais un seul musicien. Enfin, deux depuis peu. Ah oui, un troisième qui vient d’arriver…
  • Toujours pas clair comme réponse. Du blues rock par un seul bonhomme, mais trois maintenant ? Bon, on va écouter ça…Après tout, le sud des States est le pays du blues, ils ont là-bas une culture bien ancrée…
  • Euh, non, le mec est alsacien.
  • Pardon ? Ce mec est alsacien, le pays de la choucroute ? Ahahah, un revival de Krautrock allemand alors ! Bon, j’me casse…
  • Non, non, ne partez pas avant de les avoir écoutés ; si vous aimez le blues et le rock, vous risquez de regretter d’être passé à côté !
  • Bon…OK…Mais vite fait alors… J’ai des choses sérieuses à faire, moi…

 

DIRTY DEEP (« profondément sale » ?) a vu le jour en 2010. DIRTY DEEP à l’époque, c’est Victor SBROVAZZO (je sais, pas trop alsacien le nom !), et personne d’autre, autant inspiré par John Lee Hooker que par Nirvana. Ce multi-instrumentaliste, harmonica et guitare au poing, sort son premier album en 2012.

Plus vraiment un one man band désormais, DIRTY DEEP se transforme en duo avec l’arrivée de Geoffroy SOURP en 2014, batteur de hip hop, et tout récemment d’Adam LANFRY à la basse (2016).

 

De la fusion blues / rock grunge / hip-hop ? Non ; le hip-hop est absent, le blues est la colonne vertébrale, mais l’influence revendiquée grunge / rock est complètement présente. Attention, du blues survitaminé, dopé au Gurosan, au café, speedé, joué à 100 miles à l’heure ! L’énergie éclate littéralement !

La discographie ? Un premier Ep en 2012 donc, « Wrong Way – I’m going home », suivi la même année par un Lp « Back to the Roots », un nouvel Lp « Shotgun Wedding » en 2014, et, en avril 2016, leur dernier Lp « What’s Flowin’in my Veins », objet de la critique ci-dessous.

 

« What’s Flowing in my Veins » (« Ce qui coule dans mes veines ») comporte 10 titres dans une pochette particulièrement réussie : une forêt vert sombre, plutôt menaçante et surnaturelle avec, au premier plan, une chouette. Sortant à demi de la terre ou du marécage, des guitares, une cymbale, un fût. La signification ? I don’t know. Un mélange de campagne alsacienne et de bayou profond ? Suis très mauvais pour les devinettes, faudra poser la question à SBROVAZZO…

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L’album commence par « Holy Rocket Boogie ». Rocket comme une fusée ? Oui. Vraiment. Le morceau commence par une basse au son énorme, une guitare blues qui vient se greffer mais au rythme rock qui occupe l’espace, une batterie qui claque et une voix qui chante à fond. Des backing vocals courts et puissants, un solo d’harmonica blues en final, et un arrêt réussi. Un peu Lynyrd Skynyrd. On ressort sonné du morceau. OK, pour un démarrage, c’est carrément bon. On attend la suite !

 

Deuxième titre « Cant I kick It » : Guitare plus blues (le son) aux riffs imparables, une voix plus traînante façon grunge (sans s’endormir, hein !), des backing vocals éructants, de la vitesse et un solo de guitare plutôt blues (pas d’harmonica, une fois n’est pas coutume). De la même veine (oui, comme le titre de l’album) que le premier titre, sans respirer. Comment font-ils pour tenir ce rythme infernal ?

 

Troisième titre, « Goin’ Down South » : Cinq cafés, 10 morceaux de sucre et trois vitamines C plus tard, DIRTY dépasse encore les limitations de vitesse. Influence plus blues, un riff rapide et entêtant, un beau travail du batteur, un solo d’harmonica irréprochable, que du bon là aussi. Je deviens répétitif, frustré de ne pas trouver de points faibles pour l’instant (non, c’est faux). A propos, regardez le clip, sympa et humoristique. Un titre qui va surement ressortir de l’album.

 

Quatrième morceau, « Messin’ Around » : Les effets des cafés et de la vitamine C sont toujours là. Morceau boogie – blues – rock. Toujours très rapide, le boogie se prête à ça, mais quand même ! SBROVAZZO est toujours aussi omniprésent, comme dans tous les morceaux. Impérial, chantant, guitarant et harmonicisant, partout. C’est vraiment lui le patron. Il n’empêche, le batteur est aussi époustouflant, un nom à retenir, SOURP. Des vocaux toujours aussi travaillés, forts. Jusque-là, un sans-faute. De l’énergie à revendre, communicative.

 

Cinquième titre « Light and Blue » : Qu’est-ce qui se passe ? Mon lecteur CD est en panne ? Ah, non, c’est un morceau lent, le premier de l’album. Très belle guitare, une voix « grunge » mélodique et accrocheuse, des backing vocals très discrets mais superbes, une batterie utilisant surtout la caisse claire, les balais, ça coule… Du blues roots ? Non, même si le son et l’influence sont bien là. Ouais, ils sont bons, vraiment bons, et dans tous les styles.

 

Sixième titre « How I Ride » : Trois vitamines C plus tard, ça repart ! un gros son de basse bien grasse (sympa aussi la basse, merci LANFRY), rejoint par un riff de guitare entêtant, des voix toujours éructantes, tout petit break, et ça reprend sec ! On est plutôt dans du rock garage, et ça fait toujours autant de bien.

 

Septième titre « You Don’t Know » : Une intro batterie courte mais percutante, pas fatigué, SOURP. Guitare, et ça démarre ! Titre rock / blues à la façon « DIRTY DEEP », rapide, backing vocals crachants…Ecoutez le solo d’harmonica, façon solo de guitare, un must ! Et ça dépote, ça dépote…

 

Huitième titre « Leave Me Alone » : Huit cafés plus tard, un blues, c’est clair, boogie aussi, avec une batterie qui fait penser à un train à pleine vitesse. Les voix, toujours puissantes, sonnent très rock garage. Tout est en place pour transpirer à nouveau…et ça transpire !

 

Neuvième titre « Howlin To The Moon » : Intro batterie, puis basse, souple mais avec un son toujours gras (sont tous bons, écœurant !), riff de la guitare, voix qui monte, solo d’harmonica. Titre qui tourne dans la tête, très bien, on n’est vraiment pas contre.

 

Dernier titre « Shine » : Toutes les boîtes de vitamines sont vides. Pas grave, DIRTY DEEP nous gratifie d’un titre vraiment blues, surtout porté par la voix de SBROVAZZO et un orgue Hammond superbe. Plus de sept minutes qui passent vite, tellement c’est inspiré. Quel final, où les DIRTY reviennent aux racines du blues.

 

Bon, je me suis fait plaisir en déroulant chaque titre. Pas trop, je sais que sans connaître l’album en question, ça n’est pas trop utile. Une synthèse est préférable. Mais là, je ne pouvais ne pas me faire plaisir. La section rythmique dans cet album est désormais au complet, pour le reste, SBROVAZZO s’en charge. Et très bien.

Vous l’avez bien compris, cet album est INDISPENSABLE. Et je ne dis pas souvent ça. Eh, où est passé mon CD d’ailleurs ? Et le mec qui avait des trucs sérieux à faire ? Ok, il s’est tiré avec le CD. Tant pis, voleur ou emprunteur, il a très bon goût.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Auteur : David ZeRadio

http://www.seine-eure.zeradio.net

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