ZERADIO : « LES CRITIQUES DU ROCK »

« Je suppose que t’as terminé la critique de l’album de GOV’T MULE » que je t’ai passé y’a six mois ? » Moi : « Ah oui, Gove Te Mioule, oui, enfin non…

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ZERADIO vous propose, parallèlement aux « Live Reports », des critiques d’albums de groupes pas forcément nouveaux ou connus, mais qui méritent largement une place de qualité dans le monde du rock (et pas au Panthéon du rock comme on l’entend souvent : le rock n’est pas à sa place là-bas !). Allez, c’est parti avec Gov’t Mule !

GOV’T MULE – The Tel- Star Sessionsgovt

 

J’étais nonchalamment en train de boire un café à ZERADIO, santiags sur le bureau et lunettes noires sur le nez alors qu’il pleuvait. Le patron est entré en trombe. Je retirais précipitamment les pieds du bureau, renversant du même coup mon café sur le clavier. « Dis donc Jean-Christophe, t’es pas en train de bosser ? Je ne te paye pas à rien faire ! ». Eh oui, le patron oublie toujours que nous sommes bénévoles. Aucune importance d’ailleurs, puisque nous sommes, tout comme lui, des passionnés de rock. Lui : « Je suppose que t’as terminé la critique de l’album de GOV’T MULE » que je t’ai passé y’a six mois ? » Moi : « Ah oui, Gove Te Mioule, oui, enfin non… J’suis débordé… ». Lui : « Je veux ton papier dans une demie heure sur mon bureau, ça t’apprendra à nous avoir fait faux bond au dernier  Festival JIMI d’Ivry sur Seine ! Et puis… tu m’as bien dit que t’étais doué lorsque je t’ai recruté, non ? ». C’était vrai. J’aurais vraiment dû la fermer ce jour- là…

 

GOV’T MULE, quel drôle de nom… MULE veut dire mule en français (l’anglais n’est pas forcément compliqué), vous savez les jeunes urbains, l’animal robuste qui ressemble à un âne. Mais GOV’T ? Après plusieurs heures de recherche dans « l’Encyclopedia Universalis » -deux minutes sur Wikipedia en fait-, il s’agit d’une loi adoptée en 1865 qui promettait, entre autre, une mule aux esclaves affranchis, promesse non tenue qui sera appelée « la mule du gouvernement ».

Il faut donc prononcer « GOVERNMENT MULE ». Oui, un peu de culture rock entre deux concerts repose les oreilles.

Ce groupe américain était à l’origine d’un projet parallèle au ALLMAN BROTHERS BAND pour Warren Haynes (guitare / vocaux) et Allen Woody (bassiste, donc rien à voir avec le cinéaste Woody Allen), tous deux membres du groupe (de 1990 à 1997), et qui souhaitaient monter un power trio. En 1997, ils décident de se consacrer entièrement à GOV’T MULE et quittent les ALLMAN BROS en ayant deux albums studio à leur actif (Gov’t Mule et Dose). C’est ensuite un groupe ultra prolifique, qui enchaîne disques studio et tournées qui enverraient la moitié des marathoniens au cimetière. GOV’T MULE, pas avare de sa musique, sort aussi à l’occasion des titres sortis d’archives.images-1

C’est le cas de cet album « The Tel-Star Sessions », sorti en 2016, qui regroupe des démos enregistrées en 1994, soit antérieures au premier album « officiel » du groupe. Nous trouvons donc le trio d’origine, regroupant les deux (encore membres) des ALLMAN BROS, ainsi que Matts Abts (batterie).

En 2000, Allen Woody, le bassiste, décède d’une overdose. Les deux membres restants, Warren Haynes et Matt Abts décident malgré tout de continuer. Ils enregistrent en hommage à Allen Woody deux albums studio (The Deep End volume 1 & 2) avec de nombreux bassistes parmi les préférés de leur compagnon disparu

A l’écoute de « Tel-Star Sessions », on comprend aisément pourquoi Allen Woody a été une grande perte pour le groupe. Un gros son de basse, capable de digressions (funky) et d’une certaine liberté (un quasi solo sur un titre), sa façon de jouer était plus proche de John Entwistle des Who (même si les répertoires sont très différents bien sûr), que des bassistes parfois métronomiques d’autres power bands.

Le guitariste (chanteur) est aussi virtuose que le bassiste, à l’aise dans tous les registres, capable de longs soli incroyables. L’influence d’Hendrix est évidente (mais quel grand guitariste ne l’a pas été, surtout –ou encore, je ne sais pas -à cette époque ?), un peu à la manière d’un Popa Chubby. Curieusement, la voix puissante me fait également penser à Popa.

Haynes est également un perfectionniste, et ça se sent à l’enregistrement de ces démos, dont les deux tiers des titres se retrouveront d’ailleurs sur le premier et deuxième album du groupe.

Le batteur ne démérite pas, avec une frappe parfois lourde, parfois claquante, mais, comme d’habitude, c’est le son (façon de jouer et/ou enregistrement) qui, d’après moi, vieillit le plus mal…

Bien, et l’influence du Sud ? Elle est bien là, alors que, curieusement, les compositions ne le sont pas vraiment (sauf Mother Earth, un blues), ou pas toutes. Celles-ci se démarquent en effet du rock sudiste, moins « roots » on va dire. Le titre « Mr Big », très heavy (et très bon, reprise des FREE) avec sa basse reptilienne, « Monkey Hill », et la voix « électronique » passée sans doute par un Vocoder, et surtout « World of Difference » morceau atmosphérique, avec une basse envoûtante, une guitare avec beaucoup d’écho, des vocaux travaillés mélodiquement (l’album nous en offre aussi une version alternative).

Toutefois, malgré ces compositions qui veulent se démarquer, l’album sonne quand même (surtout à la première écoute) « sudiste ». Les vocaux sans doute…

En point négatif, l’album comme certains titres sont trop longs : plus de 61 mn en tout, avec plusieurs titres de plus de 7 mn… En soi, la durée n’est évidemment pas quelque chose de négatif, sauf quand certains titres donnent l’impression d’être vraiment trop « étirés », que l’album regroupe dix titres, et que les vocaux puissants sont omniprésents.  Certains soli de guitare (même virtuoses), manquent également de concision, ce qui nuit finalement à l’attention d’écoute que mérite cet album. Héritage des ALLMAN BROS sans doute, et volonté de mettre le maximum d’archives sur un album !

Je souhaitais passer en revue chaque titre pour une critique plus fine, mais, après réflexion, je n’en ferais rien. D’abord parce s’étendre sur des titres lorsque l’on ne les connaît pas n’apporte pas grand-chose à l’envie d’écouter un album : une critique globale permet de se faire une idée plus synthétique. De plus, ceux qui connaissent déjà les deux premiers albums studios reconnaitront les titres, en plus presqu’identiques.

Globalement, j’estime que c’est un bon album. Pas assez concis, certes, mais vous vous régalerez de cette basse et de cette guitare exceptionnelle. Les compositions sont plutôt bonnes, se démarquant du style purement sudiste sans renier ses origines. Rien à dire GOV’T MULE, du bon boulot…

Le 14 octobre 2016,

Jean-Christophe Leroy, (alias « Sir Le Nostre » ! )

 

Auteur : David ZeRadio

http://www.seine-eure.zeradio.net

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